Le pouvoir de l'engagement Total, de Jim Loehr et Tony Schwartz


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La gestion de l'énergie (et non du temps) est la clé du succès pour obtenir une performance de haut niveau, la santé, le bonheur et une vie équilibrée. Le Pouvoir de l'Engagement Total propose un plan pour transformer radicalement sa vie, pour augmenter le niveau de son énergie physique, être en harmonie sur le plan émotionnel, développer sa concentration et sa spiritualité.


L'énergie


Dans "Le pouvoir de l'Engagement Total" les deux auteurs, Jim Loehr et Tony Schwartz, défendent la thèse suivante : le malaise du cadre vient qu'il gère son temps, mais pas son énergie.

Nous vivons dans un monde qui glorifie le travail et l'activité, qui ignore le ressourcement et la récupération et ne reconnaît pas que les deux sont nécessaires pour soutenir une haute performance.

En réaction nous développons des stratégies de survie au fil du temps, lorsque le rythme que nous nous imposons est trop insoutenable : soit en nous désengageant du travail au profit de notre vie privée, soit au contraire en nous donnant à fond dans notre travail au détriment de notre vie privée. L' objectif de Jim Loehr et Tony Schwartz : nous accompagner dans une démarche d'engagement total : physique, émotionnel, mental et spirituel.

Et ils commencent par mettre le doigt là où ça fait mal, avec une affirmation saisissante : on a plus d'exigences vis-à-vis d'un cadre, que d'un sportif de haut niveau. Le sportif de haut niveau performe 10% de son temps, et passe le reste à récupérer de sa performance. A l'inverse, le cadre travaille 8, 10, parfois 12 heures par jour, en produisant un effort linéaire du début à la fin de la journée. Ses temps de récupération sont limités, quand ils ne sont pas inexistants.

Jim Loehr et Tony Schwartz y voient une grave erreur : nous ne sommes jamais aussi productifs que quand nous nous sentons pleinement engagés dans ce que nous faisons, mais il en va de notre capacité à être engagé comme de celle à réussir à nous désengager ponctuellement pour récupérer. C'est ce mouvement d'oscillation qui garantit nos performances.

Pour autant le propos des deux auteurs n'est pas de louer l'oisiveté au détriment de l'action, mais bien de conserver un équilibre dynamique entre la dépense de l'énergie (l'effort) et le renouvellement de l'énergie (la récupération).

Nul doute en effet pour eux que c'est dans l'effort que nous développons nos capacités intellectuelles, émotionnelles et spirituelles. Cet effort est l'occasion pour notre corps et notre esprit d'apprendre : c'est par exemple en multipliant les occasions de prendre la parole que vous renforcez votre capacité à discourir avec aisance, jusqu'à ce que cela devienne une seconde nature.

Mais la qualité de notre effort diminue avec le temps. Nous en avons tous fait l'expérience : au-delà de 90 à 120 minutes, il nous devient plus dur de nous concentrer. Il est certes possible de dépasser ce temps, mais à condition d'enclencher un processus de stress, habituellement conçu pour nous aider à gérer des situations d'urgence.

Les deux auteurs introduisent le concept du rituel positif : il s'agit d'un temps que l'on s'accorde et pendant lequel nous laissons notre esprit vagabonder. Pas d'efficacité soutenue, sans ses temps que l'on accorde à son corps et à son esprit pour récupérer.

L'énergie physique


Anciens coach sportifs, Jim Loehr et Tony Schwartz constatent d'abord que le corps a été complètement retiré de l'équation de la performance pour la plupart des emplois. Mais en réalité, l'énergie physique est la source fondamentale de carburant, même si nous effectuons un travail sédentaire la plupart du temps. 

Les facteurs qui accroissent notre réservoir d'énergie sont nombreux : le schéma de notre respiration, les aliments que nous mangeons ainsi que le moment où nous les consommons, la quantité et la qualité de notre sommeil, le nombre de périodes de récupération que nous nous accordons durant le jour et le niveau de notre forme physique ; 

1) La respiration : c'est un puissant moyen d'autorégulation. Approfondir notre expiration, nous permet de nous ressaisir: inspirer en comptant jusqu'à trois et expirer en comptant jusqu'à six, permet de diminuer l'excitation et apaise non seulement le corps mais aussi l'esprit et les émotions. 

2) Ce que nous mangeons : l'index glycémique permet d'évaluer la vitesse avec laquelle le sucre qui est contenu dans les aliments est libéré dans le sang. Au petit-déjeuner, des aliments à l'index glycémique élevé (muffins, céréales sucrées) auront un effet boostant mais 1/2 heure après, cet effet aura disparu, tandis que des aliments à l'index glycémique bas (fraise, pomme, poire, pamplemousse, céréales complètes, protéines, ...) , permettront de tenir plusieurs heures. 

3) La fréquence à laquelle nous mangeons : même les aliments les plus riches sur le plan énergétique ne permettent pas de soutenir une haute performance pendant les quatre à huit heures que les gens laissent s'écouler bien souvent entre les repas. Prendre cinq ou six repas par jour à faible teneur en calories et hautement nutritifs assure un réapprovisionnement régulier de l'énergie. 

4) La quantité que nous mangeons : la performance dépend aussi du fait que nous prenions ou non la bonne quantité (portion) d'aliments, à intervalles réguliers. Il est aussi problématique de manger trop souvent et en trop grande quantité que de ne pas manger suffisamment et à des intervalles trop éloignés. 

5) Ce que nous buvons : boire de l'eau est peut-être le moyen de renouveler l'énergie physique le plus sous-estimé. Contrairement à la faim, la soif n'est pas un baromètre adéquat de nos besoins : au moment où nous ressentons la soif, il se peut que nous soyons déjà déshydratés depuis un bon moment. Or, déshydratez un muscle de 3% par exemple, et ce dernier perdra 10% de sa force et 8% de sa vitesse de réaction. 

6) Notre sommeil : le sommeil exerce une influence importante sur le développement et le rétablissement de l'organise. Les scientifiques s'accordent à dire que nous avons besoin en moyenne de sept à huit heures de sommeil par nuit pour récupérer de façon optimale. Et que de rester éveillé la nuit, et donc d'aller contre nature, est néfaste pour notre santé. 
"Sur une échelle plus vaste, tous les grands désastres industriels des vingt dernières années - Tchernobyl, Exxon Valdez, Bhopal, Three Mile island - se sont produits au milieu de la nuit. la plupart des responsables des opérations avaient travaillé pendant de longues heures et ils souffraient d'un déficit de sommeil important. L'explosion désastreuse de la navette spatiale Challenger en 1986, au cours de laquelle sept astronautes ont perdu la vie, s'est produite après que certains de la Nasa ayant travaillé pendant plus de vingt heures consécutives aient fait une erreur de jugement en décidant de procéder au lancement." 
7) Notre récupération au cours de la journée - la sieste : la sieste représente une forme de récupération stratégique. Elle permet de conserver un niveau de vivacité et de productivité élevé, pendant 24 heures, même en l'absence de périodes de sommeil plus longues. La seule contrainte est de calculer la durée des siestes afin de ne pas tomber dans une phase de sommeil plus profond. 

8) Notre récupération au cours de la journée - notre pouls quotidien : les exigences de la vie quotidienne sont si intenses et dévorantes qu'elles détournent notre attention des signaux internes plus subtiles qui nous disent que nous avons besoin de récupérer. Les changements au niveau énergétique dont nous faisons l'expérience au cours de nos journées sont liés aux rythmes ultradiens qui règlent les marqueurs physiologiques de la vivacité d'esprit, à des intervalles réguliers de 90 à 120 minutes : tout comme nous traversons différentes phases de sommeil durant la nuit, notre capacité à nous engager varie durant les heures où nous sommes éveillés. 

9) Notre exercice physique : sans surprise, l'exercice physique périodique, plutôt que continuel, est source de bienfait sur notre niveau d'énergie, à condition qu'il soit accompagné d'une période de récupération adéquate. L'entraînement périodique constitue un moyen de développer le potentiel énergétique, de mieux tolérer le stress et d'enseigner à l'organisme humain de récupérer plus efficacement. 

10) La force pour la vie : en moyenne, nous perdons près de 200 grammes de masse musculaire par année après l'âge de quarante ans si nous négligeons de nous entraîner régulièrement : 
"Un entraînement rigoureux améliore la capacité du sujet à performer sur le champ de bataille ... Le concept de l'inoculation contre le stress ressemble beaucoup au concept de prévention d'une maladie particulière par la vaccination. Tout comme l'immunisation, laquelle ne se produit que lorsque le vaccin est administré à des doses appropriées, l'inoculation contre le stress ne se produit qu'à condition que l'intensité au stress atteigne un niveau optimal - suffisamment élevé pour activer les systèmes psychologues et biologiques d'une personne, mais assez bas pour que ces systèmes ne soient pas complètement submergés. Si le niveau de stress n'est pas assez élevé, l'inoculation ne se produira pas ; si son niveau est trop élevé, une sensibilisation au stress se produira et l'individu sera sans doute moins performant lorsqu'une autre situation stressante se présentera."

L'énergie émotionnelle


L'intelligence émotionnelle est, selon Loehr et Schwartz, la capacité à gérer habilement les émotions de manière à les mettre au service d'une implication totale et d'une énergie positive optimale. En termes pratiques, les "muscles" clés alimentant les émotions positives sont : la confiance en soi (l'autorégulation), les habiletés sociales (l'efficacité interpersonnelle) et l'empathie. Parmi les muscles d'appui - plus petits - on retrouve : la patience, l'ouverture, la confiance et le plaisir.

Il arrive parfois que les demandes surpassent notre capacité émotionnelle, même si nous nous accordons régulièrement des périodes de récupération. Tout comme il existe un certain poids que vous ne pouvez soulever sans vous épuiser complètement. Ainsi en va-t-il des sollicitations sur le plan émotionnel : il y a un seuil de tolérance que vous ne pouvez franchir sans devenir négatif. 

Comme pour l'énergie physique, lorsque nos "muscles" émotionnels sont faibles ou ne suffisent pas à répondre à la demande, nous devons développer systématiquement notre potentiel en concevant des rituels qui nous permettent de hausser le niveau de nos compétences en la matière et ensuite récupérer. La création d'un équilibre rythmique entre la dépense d'énergie et la récupération énergétique est une entreprise plus complexe sur le plan émotionnel que physique, mais n'en n'est pas moins importante.

Et les deux auteurs identifient plusieurs rituels au service d'une plus grande énergie émotionnelle, parmi lesquels : se faire plaisir, développer une amitié saine et développer son empathie, sa capacité d'écoute.

Le fait de se changer les idées constitue un outil de régénération efficace sur le plan émotionnel. Et pourtant peu de gens pratiquent des activités simplement par plaisir ou pour leur ressourcement émotionnel. Imaginez seulement pour vous en convaincre la réponse à cette question : éprouvez-vous un sentiment de joie ou de profonde satisfaction dans votre vie ? Si oui, à quelle fréquence ?

Et toute activité - pour peu qu'elle soit source de plaisir et nous permette de nous affirmer- est bonne à prendre : jardiner, photographier, lire, faire l'amour, ... Le secret est juste de faire de ces activités une priorité et de considérer comme sacro-saint le temps que vous y consacrez.

La profondeur et la qualité du ressourcement que provoque une activité est une autre chose. Elles dépendent de l'intérêt que suscite l'activité, et du niveau d'enrichissement et de régénération qu'elle peut nous apporter. Autrement dit, regarder la télévision et lire un livre sont deux activités qui libèrent l'esprit. Pour autant, elles ne génèrent pas la même profondeur de ressourcement.

La danse délicate d'une saine amitié est un second exemple d'une source puissante d'énergie positive et de renouveau. Une relation forte produit un mouvement rythmique semblable à une pulsation entre : donner et prendre, parler et écouter, apprécier l'autre et se sentir apprécier en retour. Dans une relation où vous donnez beaucoup plus que vous ne recevez en retour, vous finissez par éprouver une sentiment de vide et de manque. A dire vrai, une relation égocentrique n'est pas vraiment une relation.

L'un des derniers exemples donnés par Loehr et Schwartz est le développement du "muscle de l'empathie" :
"Une empathie authentique exige que vous mettiez de côté au moins temporairement vos propres opinions. Alan a décidé de bâtir un rituel axé sur une écoute plus attentive en essayant de se mettre dans la peau de son interlocuteur. Plutôt que d'introduire précipitamment son propre point de vue, il s'est appliqué à commencer les réunions par une écoute méthodique des autre personnes présentes - en formulant de temps à autre et en ses propres termes les propos qu'il venait d'entendre sans les critiquer. Ce fut une véritable révélation pour lui : il n'était pas obligé d'être d'accord avec les affirmations d'une autre personne et il pouvait prendre acte de façon respectueuse d'un point de vue différent. Il y est arrivé en se servant de phrases telles que : "Je peux voir pourquoi cela a du sens" ou encore "Je comprends pourquoi mes paroles ont provoqué chez vous pareil sentiment". Lorsque le moment était venu d'exprimer une opinion personnelle, il choisissait des phrases telles que : "Permettez-moi d'adopter un point de vue différent" ou encore "Pourrait-on envisager les choses différemment ?""

L'énergie mentale


Pour offrir une performance optimale, il faut pouvoir se concentrer de façon intensive et passer avec souplesse du général au particulier. Nous devons aussi développer un optimisme réaliste : voir le monde tel qu'il est sans cesser de travailler de façon positive pour atteindre un résultat ou trouver une solution.


Voici les principaux "muscles" de soutien qui permettent d'obtenir une énergie mentale optimale : la préparation mentale, la gestion efficace du temps et la créativité.

La concentration adéquate et l'optimisme réaliste dépendent de la capacité à "passer à autre chose" de temps en temps afin de se reposer et se régénérer.


Lorsque nous ne possédons tous les "muscles" mentaux nécessaires pour offrir la meilleure performance possible - lorsque par exemple notre concentration faiblit trop rapidement ou que notre vision est trop pessimiste, rigide ou étroite - nous devons développer notre potentiel en nous entraînant de façon systématique.


La clé de la récupération au niveau mental est de permettre à l'esprit conscient de se reposer par intermittence :
Dans pensez comme Léonard de Vinci, un livre qui en laisse pas indifférent, l'auteur Michael Gelb pose une question très révélatrice: "Où êtes-vous lorsque vous avez vos meilleures idées ?" Au fil des ans, Gelb a posé cette question à des milliers de personnes et voici les réponses les plus fréquentes qu'il a obtenues : "dans la douche", "étendu sur un lit", "en train de faire une promenade dans la nature", "en train d'écouter de la musique". Et Gelb nous dit : "Pratiquement personne n'affirme avoir eu les meilleures idées au travail".



Autrement dit, nos meilleures idées surgissent souvent au moment où nous ne cherchons pas consciemment une solution.

De plus en plus d'études confirment le fait que le cerveau lui-même fonctionne comme un muscle - il s'atrophie lorsqu'on ne l'utilise pas suffisamment et il est plus performant lorsqu'on l'utilise pleinement: 



"La perte de mémoire est le problème le plus fréquent dont se plaignent les gens de plus de 40 ans auprès des neurologues. En règle générale, le problème est attribuable non pas à la maladie mais bien à l'activité trop réduite du cerveau, laquelle entraîne l'atrophie des "muscles" de la mémoire. Exactement comme sur le plan physique, la sous-utilisation devient un cercle vicieux. Quand nous sommes jeunes et que nos cerveaux sont très malléables, des apprentissages même complexes les que l'étude d'une nouvelle langue ou le développement d'une nouvelle habileté sont relativement faciles à faire. Comme nous exerçons moins ces muscles en vieillissant, nous éprouvons beaucoup plus de difficulté et de frustration en faisant l'apprentissage d'une nouvelle langue. Pour éviter le malaise (et parfois l'humiliation), nous sommes portés à abandonner." 
Résultat, nos capacités continuent à se détériorer alors que nous aurions pu éviter cette situation : on peut freiner le déclin des facultés intellectuelles associé au vieillissement en continuant de présenter des défis au cerveau.

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